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04.03.2008
Dans le brouillard, nul ne vous entendra crier...
Mauvaise période pour les amateurs du genre Fantastique/Horreur au cinéma en ce moment. Après les sorties pour le moins tronquées de Saw IV et du remake d'Halloween, c'est au tour de The Mist d'avoir le droit à une sortie en salles bâclée ( 4 salles sur Paris seulement ). On aurait pourtant pu penser que le tandem constitué de Frank Darabont ( scénario, réalisation ) et de Stephen King( histoire d'origine ) qui a connu le succès avec La ligne verte et les évadés aurait eu droit à plus de considération...

Venus au supermarché pour refaire des provisisons après une tempête, David Drayton ( excellent Thomas Jane ) et son fils se retrouvent bloqués quand un brouillard étrange envahit la vallée. Au fur et à mesure que les occupants du magasin perdent des membres et découvrent les horreurs qui peuplent ce brouillard, une vieille bigote, Mrs. Carmody ( Marcia Gay Harden, très bien ), instille un fanatisme religieux de plus en plus radical, incitant le héros et un petit groupe à chercher à fuir...
Passons rapidement sur le côté technique : Darabont est aussi efficace pour les quelques scènes d'action que pour mettre en scène les rapports entre les différents protagonistes, les créatures sont honorablement réussies ( un peu trop proches d'Evolution peut-être ) et les effets gore peu nombreux mais justifiés. Mais le point fort du film n'est pas là ( car cela est juste au niveau d'une série B ), comme il n'est pas dans l'histoire, très mince et vue de nombreuses fois.
Non, le point fort de Darabont est qu'il a compris et maîtrise le point fort de l'auteur qu'il adapte : les personnages, leurs rapports entre eux, leur évolution et l'empathie qu'ils peuvent provoquer. Aussi se prend-on d'intérêt, voire de sympathie pour la vieille institutrice terre à terre; la jeune institutrice venue de la ville et dont la foi en l'homme va rapidement s'évanouir; le péquenaud local, fort en gueule mais nul en action et prompt à devenir le pire des dévots; le chef de rayon cynique mais sympa et débrouillard; la caissière amourachée du militaire... Darabont excelle à faire vivre le moindre de ses personnages, à le rendre important, à rendre crédible ses réactions.
Venons-en à la conclusion du film. Loin du Happy End Hollywoodien, elle est noire, très très noire ! Pas à la façon désespérée de nombreux films de genre espagnols ( au mieux le héros meurt inexorablement, au pire, la terre est condamnée ), ce serait trop simple... Car le film s'achève comme il s'est déroulé, en s'intéressant plus à ses personnages et à leurs actes qu'aux créatures. Et sans en révéler la teneur, disons juste que la fin est douloureuse et bouleversante, bien plus que si tout le monde mourrait...
Un fort bon film donc, vivement conseillé s'il joue encore dans les semaines à venir...
Cependant, le film laisse un petit arrière-goût amer dans la bouche. Derrière sa dénonciation ( presque trop ) virulente d'un certain intégrisme religieux, certains aspects du film ressemblent furieusement à des bondieuseries : c'est parce que les hommes ( les méchants scientifiques militaires tout du moins ) ont joué à Dieu que tout cela arrive et le destin du héros ( sur fond de musique religieuse... ) est aussi funeste parce qu'il s'est pris pour Dieu.
18:54 Publié dans film de merde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note















Commentaires
bonne surprise, film un peu fauché, mais l'histoire resserrée dans la grands surface (clin d'oeil aux zombies ??) rattrape les choses, personnages assez bien vus, atypiques pour le héros qui n'en fait pas des tonnes et fin assez séche et sidérante
merci du conseil donc
Ecrit par : dragibus | 20.03.2008
Content de ne pas avoir été tout seul...
Ecrit par : lyle | 25.03.2008
On est même 3 ! :-)
Ce film a aussi été une bonne surprise pour moi..; je n'ai pas lu le roman de King, mais j'ai lu pas mal de ses bouquins quand j'étais plus jeune, et on retrouve bien dans ce film ce qui est à mon avis la plus grande qualité de King : non pas l'horreur, mais, comme tu le dis, les relations entre les personnages.
Et certains personnages, vraiment intéressants et inhabituels, tel ce chef de section qui a l'air tellement terne, dépressif, flippé lorsqu'on le voit au début (et par son physique)... et qui s'avère être un vrai héros, d'un courage et d'un bon sens au-dessus de tous les autres, et très sympathique... dans d'autres films, ce type aurait été le premier à se faire découper en rondelles en pleurnichant...
L'autre chose qui m'a vraiment plu, et pour laquelle je n'ai pas tes réserves, c'est cette critique très juste du puritanisme, de la façon dont les religions, comme les politiques, montent la peur en épingle pour mieux manipuler les masses, en prenant des boucs-émissaires. Une métaphore de l'amérique de Bush, et même de la France de Sarkozy... on ne s'étonnera d'ailleurs pas que ces deux-là mettent aussi la religion en avant...
Certes, comme tu dis, il y a aussi quelques bondieuseries... mais, d'un autre côté, la fin terrible, c'est aussi parce que le héros n'a pas eu confiance en l'avenir, parce qu'il s'est laissé convaincre par la peur... ajouté à l'image de la femme qui, finalement, n'a pas eu peur de sortir pour protéger ses enfants, et que l'on retrouve sauvée dans un char de réfugiés.
La seule chose qui me laise un goût amer, c'est cette fin, vraiment trop dure, qui ne me semblait pas nécessaire. C'est tout de même rageant, quand on s'attache à des personnages si sympathiques qu'il leur arrive un truc pareil, et tout ça pour quelques secondes, bordel ! :-)
D'autant plus que cette année, il y a eu pas mal de films avec des fins où meurent le(s) héros (je n'en dirai pas plus, pour ne pas en dévoiler trop à ceux qui ne les ont pas vu), où tout se termine mal... et avec celui-là en plus, et une fin encore pire que les autres, pour des personnages assez touchants, ça m'a déçu (oui, je sais, je suis un grand sensible ;-) )
Ecrit par : G.T. | 18.05.2008
Oui cette fin est très dure et c'est pour cela que je me suis interrogé sur cette conclusion. Si quelqu'un connait celle de la nouvelle, apparament différente ?
Ecrit par : lyle | 22.05.2008
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