08.05.2008

Pas un orchestre à l'ancienne

Il n'y a désormais plus de doutes : les groupes français n'ont maintenant plus peur de chanter en anglais et de faire preuve d'ambition musicale, que ce soit dans le folk, le rock ou le post-rock ( voir en mélangeant le tout ). Une fois oubliés les pauvres groupes pseudo-rock pour et par des ados, il faut reconnaître que d'excellents groupes débarquent de toute la France en vagues quasi-continues. Je n'ai pas souvenir d'avoir acheté autant de disques français en si peu de temps que ces deux derniers mois.

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Sorti il y a quelques semaines, le premier album de The Delano Orchestra, A Little Boy, A Little Girl, And The All The Snails They Have Drawn est d'une grande richesse. Il faut oublier au plus vite les comparaisons lues ici et là avec Sigur Ros qui sont à mon sens purement superficielle : une certaine mélancolie générale de l'album et un certain timbre vocal.

L'autre comparaison que l'on trouve fréquemment, celle avec Sparklehorse me semble beaucoup plus judicieuse, dans le type d'écriture et d'ambiance, même si c'est surtout le nom d'Elliott Smith qui m'est venu à l'esprit pendant les premières écoutes. Sauf que les chansons qui commencent classiquement, partent souvent dans des directions diverses, avec une instrumention riche et variée, souvent calme mais aussi parfois plus musclée, du folk jusqu'au post-rock.

Et ce sont finalement deux noms d'artistes français qui me reviennent le plus souvent à l'écoute de cet album : Orouni pour la façon de placer le chant et le côté un peu bricolé, Kat Onoma pour la maîtrise des ambiances et des changements de ton.

Un petit bémol pour cet excellent album cependant, il ne supporte pas d'être écouté avec trop de répétitions, le chant en particulier finissant par lasser un peu. On pourra aller écouter ça sur Myspace...

The Delano Orchestra - 'Between Day And Night'

07.05.2008

Trop beau trop tôt ?

Le plus gros problème d'internet et la musique n'est peut-être pas le téléchargement mais le phénomène du buzz. Deux ou trois bons titres, quelques bons concerts et un groupe peut soudainement voir son nom apparaitre sur tous les forums et blogs de musique. Viendront ensuite des centaines de nouveau fans venir à ses concerts ( suivis de chercheurs de talents des labels ). Deux problèmes se posent alors :
* le groupe n'est peut être pas encore vraiment prêt ( voir Los campesinos! )
* le groupe risque d'être vite oublié après les prochaines vagues de buzz.

pennines n'est pas un groupe tout neuf ( au moins 18 mois d'existence ) et le petit buzz qui les accompagne en ce moment se révélera peut-être une bonne chose. En tout cas, les deux titres téléchargeables sur leur Myspace montrent un groupe qui, un peu comme Jonquil ou Cats and cats and cats, sort du moule post-rock pour s'ouvrir et se mélanger avec d'autres genres. Deux morceaux qui donnent vraiment envie d'en savoir plus, mais malheureusement pour nous pauvres français, nous n'aurons une chance de les voir que s'ils rencontrent un certain succès. A suivre donc...

06.05.2008

une pratique qui se généralise,

c'est celle de "donner" un single gratuit en téléchargement quelques semaines avant la sortie de l'album. Après Clinic il y a quelques mois, Coldplay et CSS en ce moment, c'est maintenant au tour de Longwave.

Sauf que le groupe n'a apparemment plus de label et c'est sans doute plutôt une façon de refaire un peu parler de lui et de remotiver ses fans. Connu il y a quelques années pour leur amitié avec les Strokes, le groupe a progressivement modifié le son un peu nouveau rock de ses débuts pour plus de diversité dans les sonorités ( influences shoegaze et post-rock ) et les mélodies.

Ce nouveau morceau Sirens In The Deep Sea, téléchargable sur leur Myspace, semble montrer un groupe au sommet de son art et promet beaucoup...

05.05.2008

Une bonne petite compilation gratuite

Le site Music Spotlight propose sa première compilation à télécharger gratuitement.

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Il y a là aussi bien des groupes relativement confirmés ( And So I Watch You From Afar, A Genuine Freakshow ) que très récents ( Young Sensation ) et certains bénéficient d'un petit buzz certain ( 4 or 5 Magicians, Death In Public, I Concur ).

L'ensemble est très indie et d'une qualité assez inégale ( du bof à l'excellent ) mais il y a des choses pop, rock et post rock, donc de quoi plaire à tout le monde. Le tracklisting est le suivant ( avec des liens vers les Myspace où l'on peut souvent trouver d'autres morceaux à télécharger ) :


1. 4 or 5 Magicians – Your Fictitious Character
2. Young Sensation – Running Home To Nowhere
3. {satellite-state} – Clockworks (Demo)
4. Talk Show Hosts – Raindance
5. Vigilante Wing – Healers Pockets
6. Death In Public – Biometrics
7. CoPilot Effect – D11
8. There Will Be Fireworks – Talking Backwards
9. A Genuine Freakshow – We Are The Undercurrents
10. And So I Watch You From Afar – These Riots Are Just The Beginning
11. I Concur – Exits Are Blockades

Alors on va directement télécharger ça par ici !

04.05.2008

Pas d'excuse pour le retard

Je suis sans doute un vieux cynique mais j'ai tendance à trouver que les Delays cherchent sans arrêt à ne pas être en retard d'une mode. Ainsi leur premier album Faded Seaside Glamour participait au revival britpop et le deuxième You See Colours essayait de surfer sur la vague new-wave dansante ( mais présentait des mélodies très faiblardes par rapport au premier ). Alors à quoi va ressembler le nouvel album ( et premier sur leur nouveau label Fiction ) : Everything's The Rush ?

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Si on en croit le premier single 'Hooray', les Delays ont constaté que le rock était de retour. Après une dizaine de secondes de calme, les guitares se lancent, puis un premier couplet aussi fade que calme précède un refrain nettement plus rythmé et agressif. Même le chant de Greg Gilbert ( qui rappelle toujours Andrew Montgomery de Geneva ) se fait plus rauque et ( vaguement ) menaçant. En fait, ce morceau ressemble étrangement à plusieurs titres du premier album légèrement accélérés et avec plus de guitares. Ca reste du Delays : mélodie agréable mais relativement insignifiante avec un chant un peu original, parfait pour ne heurter personne lors d'un passage à la radio.

De façon amusante, la face B ( eh oui, y en a qu'une ma p'tite dame, mais où sont passés les singles 4 titres d'autrefois ) 'Chest Out' n'est pas du tout dans le même genre puisqu'ici on flirte avec l'ambient ( "influence" de Coldplay dont le nouvel album a été produit par Brian Eno ). Alors c'est pas désagréable mais c'est musicalement très basique et vocalement pas vraiment adapté.

Alors à quoi ressemblera l'album ? Difficile à dire. Ce qui semble sûre, c'est que ça devrait se laisser écouter facilement mais que ça ne sera pas l'album de l'année...

La vidéo de 'Hooray'

03.05.2008

Perdus dans l'espace

Il était une fois un groupe de Derby ( pas la ville qui a fourni le plus de groupes à la cause rock ) magnifiquement nommé Intentions Of An Asteroid. Après quelques singles ( et un album/compilation sorti uniquement au Japon où ils étaient apparemment "adulés" ), le quatuor splitta. Mais le chanteur/guitariste Steven Battelle et le batteur Mark Gibson trouvèrent un nouveau bassiste et revinrent sous le nom ( beaucoup moins bon ) de LostAlone ( ils sont maintenant "big in germany", nul n'est prophète en son pays ).

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Leur premier album Say no to the world est sorti il y a plus d'un an mais je viens juste de réussir à me le procurer ( ah les joies de ne pas commander sur le net et d'attendre que son disquaire arrive à le recevoir... ) alors je vais en parler quand même ( d'autant que d'ici que j'arrive à la lettre L de mon ABC... ( si si si, la suite arrive bientôt ! ) )

Eh bien, ce premier album ( ils vont bientôt enregistrer le deuxième ) est fort sympathique, le groupe ayant choisi de quitter le son indie-rock classique de sa première incarnation pour une musique un peu plus dure, rappelant parfois certains groupes de post-hardcore et parfois le métal des années 80. Le sens des mélodies accrocheuses est toujours là, mais ils ont ajouté une bonne louche de riffs et une large pincée de délire dans les compositions ( cela m'évoque parfois Queen, Kiss ou même Mansun ).

Alors certes, rien de bien nouveau, mais un album fun, agréable et plutôt différent de la majeure partie de la production actuelle.

La vidéo du single 'Blood is sharp', un des morceaux les plus classiques de l'album :

02.05.2008

From Russia with love

On savait que les groupes affluaient de tout le Royaume-Uni vers Londres dans l'espoir de se faire repérer. On savait aussi que quelques groupes de l'Europe de l'ouest venaient tenter leur chance dans cet eldorado de la musique. Et bien certains viennent de plus loin encore pour s'y installer dans l'espoir hasardeux d'une carrière, comme les russes de Sonicflyer.

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Ne vous fiez pas trop aux influences écrites dans leur Myspace, les quatre titres présents sur leur premier EP Sun in My Pocket ( sorti il y a quelques mois chez Xtra Mile ) tiennent plutôt d'un mélange de pop estivale et de shoegaze que des trois groupes cités.

Il me font penser au côté éthéré de la période shoegaze de Lush, à la fois au chant revendicatif et aux rythmes d'Echobelly mais aussi aux mélodies doucement ensoleillées des Sundays. Que du bon pour moi donc, et définitivement un groupe à suivre.

La vidéo de 'Sun in My Pocket'

01.05.2008

Une déception IX

Fin des déceptions ( et des vacances donc ) et sans doute un soulagement pour certains. Et cette fois, un vrai album pas très bon... J'aurais pu choisir le nouveau Long Blondes ( mais je ne l'ai pas écouté assez ) ou le nouveau Young Knives ( mais il est meilleur que prévu ) alors je me suis décidé pour We Are Scientists.

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On pourra penser que c'est du masochisme que d'avoir acheté Brain Thrust Mastery après la critique que j'ai pu faire du premier single qui en fut extrait. Mais il faut plutôt mettre ça sur le dos de mon côté collectionneur ( si si... ) / optimiste ( j'en vois une qui rigole ) et sur le fait qu'il y avait deux excellents singles sur leur premier album 'Nobody Move, Nobody Get Hurt' et 'The Great escape'.

Réduit à un duo et définitivement rangé du côté pop rigolo des débuts ( avant leur signature ), le groupe a choisi ( comme tout le monde ou presque en ce moment ) de singer les 80s. On oscille donc entre coldwave gentillette ( faudrait pas effrayer le public des minettes ) et new-wave dansante mais racoleuse, le tout parfaitement calibré pour les radios et les dance-floors indie. Ca manque totalement de folie, d'originalité, de mélodies de qualité et de saveur... Seuls les effets vocaux du chanteur Keith Murray ( le gimmick du groupe en quelque sorte ) permettent de différencier un peu le groupe de ses nombreux concurrents touchant le même public.

Il y a bien deux bons titres sur cet album, le sombre 'Tonight' et l'entraînant 'Chick Lit mais cela fait bien peu. D'autant que le disc "bonus" de l'édition spéciale de l'album offre un court ( 7 titres ) live acoustique qui ne fait que renforcer l'impression d'un groupe ayant trop peu de bonnes chansons et privilégiant le style au contenu.

Alors j'ai lu que cet album ne prend toute sa saveur qu'après de nombreuses écoutes. J'ai plutôt l'impression qu'on doit s'habituer à sa médiocrité...

Demain, retour à l'enthousiasme et aux groupes inconnus de merde !

30.04.2008

Une déception VIII

Parler de déception pour cet album est un peu une provocation au vu de sa qualité. Mais les critiques que j'avais pu lire et le fait que cet artiste s'améliorait sans cesse depuis bientôt 10 ans avait fait naître de tels espoirs... Et il n'est cependant pas impossible que j'écrive un autre billet pour dire combien cet album est génial dans 3 ou 6 mois !

Cet artiste c'est Daniel Bejar alias Destroyer et l'album c'est Trouble in Dreams sorti il y a quelques semaines.

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En quoi cet album ne me satisfait pas autant que Your Blues ou Destroyer's Rubies, j'ai finalement bien du mal à l'exprimer. Un sentiment de redite à l'écoute de certains morceaux ? Peut-être. Une impression d'absence de renouveau, de prise de risque ? Sans doute. La présence uniquement de chansons s'étirant trop langoureusement et me faisant décrocher ? Très certainement. Le fait que le nom de Lloyd Cole me vient à l'esprit plus d'une fois en écoutant l'album ? Définitivement... Car si j'aime beaucoup Lloyd Cole, le côté beau, léger, sans aspérité n'est pas ce que je recherche chez Destroyer.

Alors voilà un très bel album. Mais après une petite dizaine d'écoutes, je n'ai pas réussi à vraiment rentrer dedans. Au point que je n'ai pas réussi à m'intéresser aux textes ou à retenir de titres de chansons. Peut-être que dans 3 mois, 6 mois , 1 an... quelque chose fera tilt en le ré-écoutant et je l'apprécierai alors autant que les deux précédents. Mais pour l'instant, je suis déçu...

29.04.2008

Une déception VII

Etrange de parler de déception pour un premier album qui, de plus, finira sans doute dans mon TOP50 de fin d'année ( année d'ailleurs plutôt pauvre en excellents disques jusqu'ici, du moins pour moi ). Mais Los Campesinos! souffre sans nul doute du syndrome de s'être fait connaitre trop tôt par son morceau "ultime"...

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En effet, dès juin 2006, le groupe avait mis une version démo de 'You! Me! Dancing!' sur son Myspace et c'est sur la force de cette chanson que le buzz a rapidement pris. Sorti en single puis sur la compilation/EP Sticking Fingers Into Sockets, le titre est vite devenu emblématique du groupe.

Et même les ( excellents ) meilleurs morceaux de ce premier album Hold On Now, Youngter... comme 'Death to Los Campesinos!', 'Don't tell me to do the maths', 'Knee deep at ATP' ou 'Sweet dreams, sweet cheeks' ne sont pas au même niveau. Ils sont joyeusement bordéliques et délicieusement entraînants, c'est sur, mais pas du même niveau.

Cela dit, si l'album ne contenait que des morceaux de cette qualité, mêlant avec bonheur Belle & Sebastian et Pavement, il aurait eu toutes les chances de finir dans mes dix albums préférés de l'année. Malheureusement, il y a sur l'album une petite moitié de chansons peu inspirées, faisant craindre que le groupe n'ait déjà plus rien à dire ou qu'il n'ait pas encore été prêt pour la sortie d'un album.

Alors voilà, à son meilleur, cet album fait penser à mo*ho*bish*o*pi ( la comparaison n'est pas de moi ) mais en plus festif et avec des instruments plus variés. A son pire, à un groupe d'étudiants aux beaux-arts pas doués cherchant à sonner différent...

'My year in lists'