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19.05.2008
Une si longue attente ( mon album de mars )
Mon album de mars est on ne peut plus prévisible, We'Re Becoming Islands One By One par The Sleeping Years. Pourtant, il m'a fallu un bon moment pour me décider à en faire un billet.

Je dois dire qu'au début je n'ai pas été franchement convaincu. Comme je l'ai déjà dit la dernière fois que je les ai vus en concert, l'apport du violoncelle reste souvent anecdotique même s'il permet de renforcer l'ambiance mélancolique de certains titres. Quant à la batterie, même si elle n'est pas toujours présente, elle apparaît très envahissante et pas forcément justifiée, par exemple sur un morceau comme 'You and Me against the world', devenu soudainement beaucoup plus agressif.
Pourtant les nouveaux morceaux sont tous de grande qualité : 'The shape of things to come' est agréablement ( et légèrement ) poppy, 'Broken Homes' apporte un changement de rythme et d'ambiance bienvenu, le très jazzy 'Human Blues' vogue vers de nouveaux horizons et 'Islands, proposé il y a bien longtemps en démo, est vraiment sublime en clôture. Alors pourquoi ces difficultés à apprécier totalement l'album ?
Après de nombreuses écoutes, la réponse est finalement évidente : trop habitué à écouter certains de ces titres dans de courts EPs acoustiques, je n'arrivais pas à percevoir ces chansons dans leur nouveau cadre, un album de 45 minutes n'ayant finalement rien à voir avec un EP d'un quart d'heure dans sa façon d'attirer et de conserver l'attention de l'auditeur. Par exemple, la nouvelle direction beaucoup plus directe de 'Clock and clones' qui m'avait beaucoup déplu après quelques écoutes prend toute sa saveur entre 'Broken Homes' et 'Human Blues', mettant en valeur ces deux morceaux tout en prenant un sens différent.
Au final, cet album fonctionne merveilleusement... comme un album, les nouvelles instrumentations permettant de renforcer les ambiances et les rythmes, de donner une cohérence et une évolution logique à l'ensemble.
Malgré mes doutes et mes réticences ( j'aurais préféré d'autres titres des EPs plutôt que 'Dressed for rain' par exemple ), voilà bien un magnifique album. Le chant et les textes touchent profondément quand les mélodies, d'apparence simple, sont d'une beauté sidérante. Les deux seuls défauts de cet album restant finalement d'être trop court ( 10 titres pour 45 minutes ) et d'être composé de chansons que je connaissais finalement... "trop" !
Espérons juste maintenant qu'il connaîtra le succès qu'il mérite et qu'il ne faudra pas attendre le prochain trop longtemps.
PS : The Sleeping Years sont en concert privé ce soir, mais si vous n'êtes pas parmi les invités, ils seront en showcase à la FNAC des Halles demain et en première partie des Mabuses au café de la Danse après-demain.
20:30 Publié dans L'album de merde du mois | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Une merveille en armure ?
Marvel semble désireux d'adapter progressivement l'intégralité de son catalogue de super-héros au cinéma : après cet Iron Man arrive le mois prochain un nouveau Hulk souhaitant faire oublier le précédent puis devraient suivre la suite du Punisher ( avec un nouvel acteur ), deux films dérivés des X-Men ( Wolverine et Magneto ), Silver Surfer, Thor, Namor... et pour ceux qui attendront la fin du générique d'Iron man, sans doute Nick Fury et les Vengeurs. Pourtant ces derniers temps ( à part les franchises X-Men et Spiderman ) le succès public et surtout critique n'était pas là : entre les ratages complets ( Daredevil, Hulk ) et les séries B ( voire Z... ) connes mais rigolotes ( Fantastic Four, Elektra, Ghost Rider ) il était temps pour la compagnie de redresser le niveau.
Venu vendre des armes à l'armée américaine en Afghanistan, le milliardaire playboy Tony Stark ( Robert Downey Jr. ) est fait prisonnier par un groupe de mercenaires possédant des armes de sa compagnie. Réussissant à s'échapper en construisant une armure de combat, il décide de changer le but de sa compagnie mais le co-fondateur Obadiah Stane ( Jeff Bridges ) ne l'entend pas de cette oreille...
Disons tout de suite, Iron Man est un bon divertissement.
Robert Downey Jr colle comme prévu parfaitement au rôle de ce personnage franchement détestable ( même devenu "bon", il reste marqué par son égocentrisme ) et Jeff Bridges fait un parfait vilain de comics. Comme Gwyneth Paltrow se révèle à mon sens bien meilleure en Pepper Potts, assistante à tout faire et amoureuse frustrée, que ce que j'avais pu lire, on a là un casting plutôt réussi. Le script est lui efficace dans son respect des origines du personnage tout en prolongeant agréablement l'intrigue, même si elle reste cousue de fil blanc. Et puis il y a les effets spéciaux d'ILM ( et d'autres sans doute ) particulièrement réussis : on arrive à croire à la technologie Stark et à ses armures sophistiquées.
Evidemment tout n'est pas parfait. Terrence Howard n'est franchement pas convaincant en Jim Rhodes, militaire et vieil ami de Stark, et en se donnant le rôle de Happy Hogan pour de courtes apparitions, le réalisateur Jon Favreau a totalement flingué le potentiel du personnage, ancien boxeur, conducteur et garde du corps de Tony, amoureux transi de Pepper. Ceci dit, cela reste moins grave que sa capacité à flinguer le potentiel dramatique ( la mort de Yinsen ) ou comique ( les premières tentatives de vol ) de certaines scènes par une réalisation particulièrement plan-plan et peu inspirée.
Mais le principal défaut du film reste le désir évident d'en avoir fait un film pour le plus large public possible alors que ses thématiques ( l'interventionnisme dans les conflits, la vente d'armes, l'absence de morale dans l'industrie ) et son personnage ( constamment dirigé par son ego et par ses désirs, femmes et alcool en priorité ) en faisait a priori un film noir, plutôt destiné aux ados et aux adultes. Aussi les différentes problématiques sont-elles rapidement et maladroitement évacuées ( en particulier deux brefs passages sur l'impérialisme américain et sur l'utilisation de la bombe atomique laissent un mauvais goût dans la bouche ) pour laisser place à un actioner familial ( meurtres de civils à peine esquissés en hors-champs, pas de morts montrées à part celle de Yinsen - mais c'est censé être le déclencheur de la prise de conscience du héros ) réussi mais creux.
Alors on se prend à rêver que la probable suite ( vu le succès au box office américain ) soit mise entre les mains d'un bon réalisateur capable de vraiment transcender son sujet comme Singer sur X-Men ou Raimi sur Spiderman. Vu ceux qui ont été embauché ces derniers temps, c'est malheureusement peu vraisemblable...
13:21 Publié dans film de merde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note














